©  Benoit Croisy

Les Récits du crépuscule

 "Faôte de Jou"

« La ville que j'habite en ces contrées de l'Ouest, - veuve de tout ce qui la fit si brillante dans ma prime jeunesse, mais vide et triste maintenant comme un sarcophage abandonné, - je l'ai, depuis bien longtemps, appelée : «la ville de mes spectres», pour justifier un amour incompréhensible au regard de mes amis qui me reprochent de l'habiter et qui s'en étonnent. C'est, en effet, les spectres de mon passé évanoui qui m'attachent si étrangement à elle. Sans ses revenants, je n'y reviendrais pas ! »

 

Jules Barbey D’Aurevilly

Les récits légendaires ont une force unique dans la construction historique et identitaire d’une région parce qu’ils se seraient vraisemblablement produits. Leurs acteurs sont connus, leur ancrage historique et géographique les enracine dans la vie locale. Ils ont beau avoir été  remaniés, enjolivés, amplifiés par la transmission orale ils ont cette nécessité de devoir être lus (étymologiquement la légende est « ce qui doit être lu »). Ainsi ils contribuent à identifier émotionnellement un territoire.

Basées sur une observation très précise des régions où elles se déroulent, soit les légendes chargent de sens les lieux naturels et ceux construits par l’homme, soit   elles disparaissent, ne laissant en souvenir qu’un toponyme dont le sens se perd peu à peu. Elles expliquent ainsi, rationnellement ou non,  un mouvement de terrain, un lieu-dit, un phénomène naturel, le nom d’un pré, d’un arbre, d’une chapelle, d’un village. Elles sont des guides de voyage inépuisables pour celui qui veut comprendre le pays qu’il traverse, ses reliefs, sa lumière, ses bruits et ses odeurs et s’y arrêter.

Aujourd’hui encore, le long de nos routes, au sein de nos cités,  la légende continue à naître et à se transmettre oralement. Les légendes urbaines et autres « rumeurs » sont colportées et finiront bien un jour par nous être racontées au crépuscule du soir ou du matin.

Avec Fâote de Jou (A la tombée du jour en patois normand), un trio d’artiste, deux comédiens et un musicien, nous invite le temps d’une cérémonie littéraire à entendre quelques uns de ces récits légendaires connus ou moins connus. Ils feront renaître  tout un cortège de personnages, fantômes qui viendront se presser tout contre nous nous conter leur histoire ….

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Conception et  mise en scène : Fabrice Hervé 

Interprétation : Jean Charles Lenoel et Fabrice Hervé

Création musicale: Bernard Ariu ( accordéon ) 

Création objets scénographiques  :  Alex Couenne

Photographies : Benoit Croisy

Durée du spectacle : 50 minutes

Production : Compagnie tourner la page